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L’anthotypie


L’anthotype est un procédé photographique inventé au milieu du XIXe siècle par Mary Somerville et John Herschel. Il utilise la photosensibilité des fleurs pour concevoir des images et fait partie de la famille des procédés photographiques à base de végétaux que l’on nomme phytotypie, phytos signifie plante. La phytotypie comprend trois procédés principaux : l’anthotypie, le procédé à la chlorophylle et la karpotypie. Chacun d’eux est défini selon le type de végétaux utilisés: le karpotype utilise des fruits, car karpos signifie fruit en grec et le procédé à la chlorophylle utilise les feuilles vertes des arbres. Il y a plus d’une centaine de fleurs, plusieurs dizaines de plantes, de fruits et de légumes recensés pouvant être utilisés en phytotypie. L'anthotypie, conçue en 1840, a longtemps été négligée après sa création. Cette technique a cependant doucement refait surface au début du XXIe siècle.


L’anthotype est l’un des seuls, parmi des centaines de procédés, qui n’utilise pas de mélanges chimiques et toxiques puisqu’il ne requiert que des végétaux. Pour ce faire, il suffit d’extraire le jus de la plante souhaitée, d’y ajouter quelques gouttes d’alcool dénaturé et de badigeonner le tout sur un support papier de type aquarelle. La création d’un anthotype fonctionne grâce aux rayons lumineux. Sans l’action de la lumière, il n’y a pas de photographie, c’est une règle générale1. Le positif vient cacher certaines parties du papier et en révèle d’autres. Les rayons agissent en altérant la couleur de la surface et créent ainsi l’image. 

Pour découvrir en détails l’anthotype, le livre Anthotype, Explore the darkroom in your garden and make photographs using plants de Malin Fabbri est un incontournable. Jusqu'à présent, c'est l'un des rares ouvrages entièrement consacrés à cette technique photographique. Cet écrit, à la fois historique et pratique, détaille les diverses techniques d'application du procédé ainsi que l'utilisation de nombreuses plantes. Le livre met en lumière les dates importantes de l’histoire et des découvertes liées au procédé, ainsi que les principaux scientifiques, femmes et hommes, qui ont joué un rôle. De plus, il se décline en 3 volumes. 


Pour mener à bien ces expérimentations, j’ai procédé à la récupération de produits abîmés ou voués à la destruction au sein du supermarché dans lequel je suis employée. Cette démarche m’a permis de travailler à partir de matériaux existants tout en limitant le gaspillage.


Matériels : 


→ Plantes, légumes ou épices : Pour ces expérimentations j’ai utilisé du curcuma, et de la betterave.

→  Alcool 90 °C : l’alcool n’est pas obligatoire pour les légumes. En revanche, il aide a distiller les pétales, les feuilles ou les épices et sert à rendre la solution liquide.

 

→ Bol 

→ Récipient long 

→ Torchon : le torchon sert à filtrer et récupérer la solution sans résidus. 

→  Pinceaux-mousses 

J’utilise principalement des pinceaux-mousses pour ces techniques afin qu’il puisse absorber les petits résidus qui pourraient éventuellement rester après la filtration. 

→ Papier aquarelle

J’utilise du papier aquarelle ou du papier 150 grammes.

→ Rhodoïd, l’utilisation de positifs est recommandé car les zones couvertes par le noir du positif conservent leur couleur, tandis que les parties exposées à la lumière du soleil s’éclaircissent progressivement.

Eau 

Pour le curcuma, l'eau et du bicarbonate de soude sont utilisés pour rincer le curcuma et apporter une teinte orange de l'empreinte de l'objet utilisé. 

→ Lampe U.V (optionnel) 

La lampe UV est intéressante en hiver ou lorsqu'il y a peu de soleil.


Préparation du mélange, curcuma et alcool
Préparation du mélange, curcuma et alcool

Pour débuter, j’ai réalisé un premier tirage sur papier aquarelle en utilisant du curcuma comme base colorante. Pour cela, je me suis équipée d’un bol, d’alcool à 90°, et d’un torchon propre. J’ai versé 10 grammes de curcuma dans le bol, puis ajouté deux cuillères à soupe d’alcool.


Filtration de la solution
Filtration de la solution

 Après avoir bien mélangé les ingrédients, j’ai placé un torchon dans un récipient allongé et j’y ai versé la préparation. J’ai ensuite pressé délicatement le torchon afin d’en extraire un liquide coloré homogène. Une fois le jus obtenu, je l’ai appliqué uniformément sur une feuille de papier aquarelle à l’aide d’un pinceau.

Le papier a ensuite été laissé sécher à l’air libre.

Pour cette expérimentation, je me suis inspirée du travail d’Anna Atkins, pionnière de la photographie botanique, qui utilisait le cyanotype pour répertorier de nombreuses espèces végétales. 


Badigeonnement de la solution curcuma, alcool sur du papier
Badigeonnement de la solution curcuma, alcool sur du papier
 Exposition sous lampe UV
 Exposition sous lampe UV















Dans cette même démarche d’exploration végétale, j’ai choisi de réaliser deux photogrammes à partir d’empreintes de fleurs. Lorsque j'ai réalisé cette première expérience, nous étions en hiver. Il y avait donc peu de soleil.

L'exposition s'est donc faite à l'aide de la lampe UV. Je l'ai laissée environ 1h. 


Pour cette deuxième expérimentation, j’ai travaillé avec de la betterave. Étant donné que la betterave produit une quantité de jus plus importante que le curcuma, j’ai utilisé un extracteur de jus afin d’optimiser l’extraction. Une fois le jus obtenu, j’y ai ajouté deux cuillères à soupe d’alcool.  J’ai également réalisé un test sans ajout d’alcool : bien que le processus fonctionne, le temps d’exposition nécessaire est alors plus long. Dans cette phase, je me suis intéressée à la technique du tirage par contact en utilisant une feuille de Rhodoïd. J’ai imprimé deux positifs en noir et blanc que j’ai ensuite déposés sur des papiers préalablement imbibés de jus de betterave et bien secs. Afin de maintenir les positifs en place, je les ai fixés à l’aide de ruban adhésif, puis placés sous une vitre, exposés à la lumière du soleil pour permettre la révélation de

l’image. Le temps de révélation varie selon les conditions météorologiques : en fonction de l’ensoleillement, ce processus peut durer de plusieurs heures à plusieurs jours.


Pour cette expérimentation, j'ai laissé 3 jours d'exposition, à différents endroits. 


Exposition de l'anthotype au soleil
Exposition de l'anthotype au soleil

Observation : Le curcuma se révèle plus rapidement que la betterave. Il est donc plus simple d’utilisation. En effet, lors des expérimentations, j’ai constaté que le curcuma réagit très rapidement à la lumière, permettant d’obtenir des résultats visibles en peu de temps. Cette rapidité de réaction facilite le processus de révélation et réduit considérablement le temps d’exposition nécessaire. À l’inverse, la betterave nécessite un temps d’exposition beaucoup plus long pour obtenir un effet similaire, ce qui peut compliquer la maîtrise du procédé, notamment en fonction des variations climatiques et de la lumière disponible. Ainsi, le curcuma apparaît comme une option plus efficace et accessible.


Souvenir d'un bouquet, anthotype au curcuma, 2024 - Déchet, Anthotype à la bettrave, 2025
Souvenir d'un bouquet, anthotype au curcuma, 2024 - Déchet, Anthotype à la bettrave, 2025



 
 
 

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